CRANACH ET SON TEMPS
9 Février 2011 / 23 Mai 2011
Retrouvez toutes les activités culturelles qui ont été organisées par le musée autour de Cranach et son temps :
Commissaire : Guido Messling
Pour marquer l’ouverture sur l’Europe de la partie de sa programmation dédiée à la Renaissance, le musée du Luxembourg rouvre ses portes avec une exposition consacrée à Lucas Cranach (vers 1472-1553), l’un des artistes majeurs de la Renaissance germanique. Ce peintre fécond et polyvalent, dont la carrière couvre toute la première moitié du XVIe siècle, est encore méconnu du public français qui n’a pas eu la chance de découvrir récemment dans une exposition l’étendue de son oeuvre. Présentée au musée du Luxembourg, l’exposition Cranach et son temps contribue à faire comprendre la place de cet artiste dans l’histoire de l’art et son implication dans la société de son temps, touchée alors par de profonds bouleversements politiques et religieux.
L’exposition montre d’abord la dimension européenne de l’art de Lucas Cranach, qui est non seulement marquée par les oeuvres de Dürer dont les gravures circulent, mais qui regarde aussi du côté des Flandres et de l’Italie. Pour faire apparaître ces influences, l’exposition met en regard tableaux, dessins et gravures de Cranach avec la production d’autres artistes. Elle consacre une place importante à ses voyages qui ont été favorisés par sa position officielle à partir de 1505 au sein de la cour de Frédéric le Sage, prince électeur de Saxe, fixée à Wittenberg. Au-delà des commandes artistiques de son mécène, Cranach s’est vu en effet confier des missions diplomatiques qui ont joué un rôle fondateur dans la formation de sa personnalité.
A la demande de Frédéric le Sage, Cranach se rend notamment en 1508 à Malines dans les Flandres auprès de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, dont la cour est peuplée d’artistes et d’humanistes originaires de contrées diverses. Au contact de cette brillante société, il perfectionne son art. Il introduit dans ses oeuvres une élégance plus raffinée mais s’intéresse surtout à de nouvelles thématiques qui rencontrent alors un vif succès dans ce milieu aristocratique, comme celles des femmes fortes et vertueuses, représentées à mi-corps.
Une section de l’exposition est en outre consacrée à la représentation du nu qui occupe une place centrale au sein de l’oeuvre de Cranach. Dans ses figures féminines d’une grande sensualité, empruntées tantôt au répertoire antique (Vénus, Diane…), tantôt à la culture chrétienne (Ève), il représente des corps à la beauté parfois inquiétante, dont le canon se distingue très nettement des proportions idéales prisées à la Renaissance. Ces images ambiguës, mêlant érotisme et morale, à la signification souvent complexe, ont rencontré en leur temps un énorme succès qui a incité l’artiste à les décliner sous des formes variées. Son sens consommé des affaires le pousse même à mieux organiser son atelier pour répondre le plus rapidement possible à la demande.
L’exposition insiste surtout sur la richesse et l’originalité du parcours de Cranach, un parcours jalonné de rencontres déterminantes avec des représentants majeurs de la vie politique et religieuse de l’époque, alors agitée par le vent de la Réforme protestante. A Wittenberg, il côtoie notamment Martin Luther que protège Frédéric le Sage. Portraitiste de talent, il nous a transmis les effigies des principaux acteurs de ce moment fort dans l’histoire de la chrétienté. Bientôt lui-même partisan de la Réforme, Cranach participe aussi pleinement à la diffusion de la nouvelle doctrine, en mettant son art au service d’une propagande visuelle, largement diffusée par la gravure. Ainsi, il a contribué à élaborer une nouvelle iconographie protestante, sans pour autant renoncer aux commandes de l’Eglise catholique.
Sa notoriété de peintre, sa position dans la société des puissants, sa proximité avec les cercles intellectuels, font de Lucas Cranach une des personnalités parmi les plus originales et les plus étonnantes du XVIe siècle européen.
Cette exposition est organisée par la Rmn-Grand-Palais, en collaboration avec Bozar qui a conçu et présenté sa première étape au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles à l’automne 2010.
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Commentaires
Eh! bien, excusez-moi mais vous ne savez pas la chance que vous avez d'avoir autant de magnifiques musées et des expositions intéressantes. Quant à moi, j'ai changé les dates de mon séjour à Paris afin d'avoir l'occasion de visiter cette expo. J'ai adoré. Le site est magnifique et l'expo était super intéressante. Bien entendu, qu'il y a énormément de gens mais il faut faire avec. Il s'agit simplement de trouver une période moins fréquentée. J'y suis allée et j'en suis revenue ravie. Merci au musée du Luxembourg d'avoir organisé cette magnifique exposition. Linda (Québec).
Ce musée est toujours plus cher que les autres. C'est un lieu qui manque d'honnêteté.
Belle expo, rendue malheureusement pénible par la climatisation. En effet, la ventilation qui vient du sol et se trouve - forcément - devant les tableaux ou les cartels, souffle un air glacé. On ne tient pas 2 minutes. Si c'est pour obliger les visiteurs à ne pas s'attarder, bravo, vous avez réussi ! Ma visite date du 12 mai, ce n'est peut-être pas tous les jours la même chose.
Belle exposition mais bien moins intéressante que celle du Bozar ((même si point positif il y a quelques oeuvres conservées en France qui n'étaient pas à Bruxelles. MAIS le musée du Luxembourg n'est pas adapté aux expositions de prestige : salles beaucoup trop petites pour l'affluence générée par la pub. Et il faudra bien se résoudre un jour à réserver des heures de visite sans visites guidées : c'est une vraie plaie pour les autres qui gâche le plaisir de la visite.
Je vous laisse mon commentaire sur l'exposition sur mon blog : http://artactuparis.blogspot.com/2011/04/cranach-et-son-temps.html
Ce projet a été adapté pour le musée du Luxembourg, dont les espaces d’exposition sont en effet moins importants que ceux du palais des beaux-arts de Bruxelles. Compte tenu des délais très courts dans lesquels cette exposition a été conçue (la Rmn-Grand Palais ayant remporté la consultation organisée par le Sénat en juillet 2010 en vue d'une réouverture du musée en février 2011), nous avons fait le choix de conserver le catalogue très complet édité à l’occasion de l’étape belge, en rajoutant un cahier central pour les oeuvres qui figurent dans l¹étape parisienne et qui n’étaient pas présentées à Bruxelles. En effet il n'existe que très peu de documentation en français sur cet artiste. Enfin, il arrive fréquemment que le contenu d'expositions dites 'itinérantes' varie d'une étape à l'autre en raison de considérations purement pratiques; pour des raisons de conservation, par exemple, les oeuvres sur papier ne peuvent être présentées pendant plus de 3 mois tous les 5 ans. Bien cordialement,
pourquoi ne pas signaler clairement que cette exposition n'est pas du tout la même que celle de Bruxelles ? Elle contient seulement 75 oeuvres au lieu de 120 à Bruxelles. Et vous vendez le même catalogue ! C'est du vol caractérisé. Si votre musée est trop petit ou que vous n'avez pas les moyens d'avoir une vraie exposition, ayez l'honneté de le dire. Et nous irons voir une exposition en connaissance de cause, pas en étant déçu de ne voir que 2/3 des oeuvres !
bravo pour les vidéos ,pour le parcours thématique, et numérique tout cela est très ludique et enrichissant.
Un compte-rendu de l'expo pour ceux qui parlent italien: http://mostreemusei.sns.it/index.php?page=_layout_mostra&id=842
Visite de l'exposition ce samedi 12 mars à 17h. Beaucoup de difficultés à regarder les oeuvres, beaucoup trop de monde (plus encore que pour les précédentes expositions)...nous ne viendrons plus !
Très belle exposition, malgré une première salle "goulot" qui ne facilite pas l'accès aux oeuvres en cas d'affluence, ce qui est souvent le cas dans ce musée...Des cartels clairs, un joli éclairage et une scénographie intéressante dans la mise en perspective des influences. Pour moi, le gros plus, est le parcours numérique proposé sur ce site (en dehors de la fameuse vidéo-promo dont d'autres ont déjà parlé) qui permet de bien se documenter en amont. Par ailleurs, je tiens à souligner le joli effort de design du site.
Marie Claire à l'écrit ou en vidéo, c'est toujours aussi stupide. Heureusement qu'il y a la vidéo avec Catherine Clément.
très belle expo, mais comme toujours dans ce musée, très difficile de circuler trop de monde. Je hais les audioguides qui bloquent "les moutons" tous au même endroit, devant la même toile, surtout juste après l'entrée!
je rêve d'une exposition des oeuvres de femmes peintres, notamment des 16 et 17ème siècle, avec Artemisia Gentileschi - si vous ne les connaissez pas, voyez ses oeuvres sur le web ("images") - d'une puissance et d'une force d'émotion supérieures - sans compter que son histoire est aussi intéressante pourquoi jamais de femmes (sauf toutes nues avec Cranach) dans vos expos ?
Parcours magnifique et instructif qui donne envie de voir ces tableaux de plus près.
Les vidéos sont vraiment top!!! Quelle différence avec le style somnifère des autres musées. Bravo!
Justement!!! C'est bien ce que dit la journaliste de Marie Claire! 'Je vais faire bondir les conservateurs'. Moi je trouve très bien qu'on exprime une vision évolutive et humoristique des choses, vision qui ne reste pas cantonnée au diktat de conservateurs tout gris, incolores et sans saveur et franchement chiants! Dans les années 60, il y a seulement 50 ans, Mick Jagger était le diable. Aujourd'hui, anobli par la reine, il est devenu Sir Mick Jagger. Alors 500 ans plus tard!! Quelle hérésie! Amen.
Dommage que la vidéo sur Cranach et les nus soit davantage une pub pour Marie-Claire qu'une reflexion sur le travail du peintre. Les commentaires sont d'une indigence absolue ; la recherche légitime du "grand public" ne saurait excuser de considérer ce "grand public" comme imbécile.
Réouverture prometteuse. Félicitations, il faut poursuivre.
Merci pour cette programmation et vivement la réouverture !
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VIDÉOS
Cranach et la Réforme
Olivier Christin (historien des religions) et Guido Messling (commissaire de l’exposition) sur le rôle joué par Cranach dans la propagation des idées de la Réforme








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